lundi 14 décembre 2009
Aya de Yopougon d'Abouet et Oubrerie, tomes 3 et 4
Quand je pense qu'il y a moins d'un an, je ne lisais aucune bande dessinée... Et bien désormais j'y prends un réel plaisir. C'est grâce à ma copine Emi-lit que j'ai découvert cette BD puisqu'elle m'en avait offert le premier tome il y a quelques mois.
Le tome 3 est une sacrée réussite, comme les précédents d'ailleurs. Ce qui va le plus tenir le lecteur en haleine ce sont les histoires du père d'Aya dont on découvre qu'il a une autre femme et deux autres enfants. Le thème de la polygamie en Afrique est ainsi lancé puisque le père de Bintou s'est également mis en tête de prendre une seconde femme.
Mais l'événement vient aussi de l'élection de Miss Yopougon qui va donner une place plus importante au personnage de Félicité. Toute la préparation des filles à l'événement m'a beaucoup faite rire.
Un autre personnage va également prendre de l'importance, c'est Innocent, le jeune coiffeur de Yopougon. Même si cela fait déjà deux tomes qu'il nous intrigue en fait...
En bref, comme dans les deux précédents, on rit mais on n'est pas insensible aux difficultés que rencontrent quotidiennement nos protagonistes ivoiriens.
Dans ce quatrième tome, on s'intéressera surtout à Innocent qui décide d'aller tenter sa chance en France. J'ai beaucoup aimé le récit de ses mésaventures et voir le décalage entre ce qu'il imaginait et ce qu'il vit vraiment. Paris est loin d'être l'Eldorado dont il avait rêvé.
Ce volume renferme de nombreux autres rebondissements : Aya est harcelée par son professeur de biologie, le père de Félicité veut la ramener au village,Rita séduit Hervé, Moussa s'est fait la belle avec l'argent de son père et Mamadou fait de nouveau des siennes.
Là encore, on rit un volume durant mais de nombreux messages passent : l'argent et le pouvoir font leur entrée et font de nombreux dégats.
C'est grâce à la bibliothèque de ma ville que j'ai eu l'opportunité de pouvoir les lire. Et le 5e volume m'attend également puisque l'acquisition vient d'en être faite. Je ne vous le dis pas assez mais l'équipe de cette bibliothèque est vraiment réactive et sympathique !
mercredi 2 décembre 2009
Le décalogue de Giroud - Tomes 5 et 6
Cette fois, je vous fais un billet groupé pour deux volumes. Le 5e se nomme "Le vengeur" et a pour scénariste Rocco. Le 6e se nomme "L'échange" et a pour scénariste Mounier.
Ce 5e volet nous renvoie au début du XXe siècle au sein du conflit entre turcs et arméniens et qui a conduit à l'élimination de bien trop d'arméniens.
Missak a vu sa famille décimée et n'a qu'une envie : se venger. Il va donc tenter, grâce à Nahik, d'appâter Gunneï, un ancien responsable de la sécurité turc coupable de déportations et exécutions d'arméniens.
Missak va donc être chargé de séduire la fille de cet homme et de se rapprocher de lui en tentant ce bibliophile avec Nahik. Mais ne devient pas un meurtrier qui veut.
Encore un volet poignant même si j'avoue commencer à être impatiente de découvrir comment toutes ces histoires vont bien pouvoir se relier les unes aux autres.
Dans ce sixième volet, le lecteur va suivre les destins de deux familles de milieux très différents qui se sont rencontrés sur un bateau alors que les épouses étaient enceintes. Lorsque ce bateau fait naufrage, les destins vont basculer.
Un sentiment en demi-teinte pour moi à la lecture de celui-ci. Même si j'ai aimé le thème de l'échange de bébés, j'ai eu du mal à voir l'intérêt de Nahik ici qui finalement ne sert qu'à démêler l'histoire.
Je n'ai pas franchement accroché à cette histoire que je trouve moins cohérente avec le reste de l'histoire de ce manuscrit sacré.
samedi 14 novembre 2009
Le décalogue (tome 4) de Giroud et TBC
Comme vous pouvez le constater, je poursuis mes découvertes en BD et je pense bien que je n'arrêterai pas cette série tant que je n'en aurai pas lu les 10 volumes. Chance pour moi, ma médiathèque les a tous et je semble la seule sur le coup pour l'instant.
De quoi ça parle :
Comme dans les précédents tomes, l'intrigue tourne autour de Nahik, cet étrange roman manuscrit qui se base sur un texte sacré qui remettrait en cause les fondements de l'Islam.
Dans ce tome, l'action démarre en Bosnie en 1937. Un groupe d'amis se réunit pour un pique-nique. Davor Stimac est fou amoureux de Milena mais il va découvrir ce jour-là qu'elle n'a d'yeux que pour Safet.
En 1946, les choses ont bien changé puisque Davor est devenu prêtre. Il va profiter de son statut de prêtre pour aller sauver son beau-frère, Vilko, détenu en Autriche dans un camp sous influence britannique. Mais son chemin va recroiser celui de Milena qui n'a de cesse de retrouver Vilko, qu'elle tient pour responsable de la mort de Safet et qu'elle veut tuer.
Encore une fois, les destins de ces personnages vont se nouer autour de Nahik....
Ce que j'en ai pensé :
Ce volume est encore une fois une réussite. Je trouve que c'est un pari drôlement réussi puisque le scénariste change à chaque fois en gardant l'ingrédient commun qui est ce fameux manuscrit. Plus j'avance dans la découverte de cette série et plus je prends plaisir à voir s'installer étape après étape l'histoire de ce manuscrit. J'ai vraiment hâte de savoir où tout cela va bien pouvoir mener.
Il ne me reste plus qu'à emprunter la suite.
vendredi 6 novembre 2009
Le décalogue (tome 3) de Giroud et Charles
Et voici le troisième tome d'une série BD que j'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir il y a quelques semaines. Toute l'histoire tourne autour d'un manuscrit sacré appelé Nahik, supposé contenir des révélations du point de vue de la religion.
Cette série a comme particularité de garder le même scénariste mais de changer de dessinateur à chaque volume, chaque histoire pouvant se lire indépendamment, même si on suppose que cela finira par former un tout.
De quoi ça parle :
Cette fois, l'histoire commence en Grèce, en 1958. Un homme se rend dans un asile pour y jouer le rôle de Saint Basile (sorte de père Noël) pour distraire les patients. Mais il n'en ressortira pas vivant. Il sera assassiné par un des malades qui profitera de son déguisement pour s'échapper.
Parallèlement, une expédition de chercheurs s'organisent. Ils se rendent dans un monastère reculé afin de chercher Nahik.
Mais de nombreuses embûches surgissent au cours de l'expédition, ainsi que des morts. En effet, le fou assassin a réussi à s'introduire au sein des membres de l'expédition... Mais lequel d'entre eux est-ce ?
Ce que j'en ai pensé :
Encore une histoire intéressante autour de ce mystérieux manuscrit. Cette fois-ci, le scénario se penche sur la question des iconoclastes. Un scénario très recherché qui mêle les questions de la religion mais aussi des déviances. L'assassin souffre d'une pathologie assez effrayante, il faut le dire. Toutefois, j'ai pris moins de plaisir à partager l'aventure de ces personnages que lors des deux précédents tomes. J'ai hâte de découvrir le suivant qui m'attend déjà sur ma PAL.
mardi 27 octobre 2009
Aya de Yopougon, tome 2 d'Abouet et Oubrerie
Il y a quelques semaines, grâce à un cadeau de ma copine emi-litt, je découvrais le premier tome d'une BD racontant les aventures d'une jeune ivoirienne. Je l'avais lu d'un trait et m'étais régalée. Quand j'ai vu que ma médiathèque avait fait l'acquisition du deuxième tome, je n'ai pas hésité.
De quoi ça parle :
Nous retrouvons donc les aventures de notre jeune camerounaise et de ses amies.
Dans ce tome, les choses vont tourner autour du bébé d'Adjoua. En effet, celui-ci ne ressemble pas du tout à son père supposé. Le riche mariage qu'elle a fait ne va pas durer...
Bintou, elle, pense s'être trouvée un riche fiancé venant de France. Mais les apparences ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être...
Aya quant à elle, poursuit sagement ses études et aide Adjoua en lui gardant son fils.
L'album se termine par une révélation qui va bouleverser la famille d'Aya
Ce que j'en ai pensé :
J'ai encore beaucoup aimé car cette bande-dessinée parvient à faire rire tout en montrant certaines difficiles réalités de la vie dans les quartiers africains.
En effet, malgré le rire, on ne peut s'empêcher d'y lire une jeunesse qui n'a qu'une idée en tête : être heureux et se sortir de la misère. sont évoqués les problèmes de l'argent, de la subsistance, des relations entre hommes et femmes et même de la polygamie.
Une réussite que cette bande dessinée. Il me tarde de lire la suite
dimanche 25 octobre 2009
Mélusine "Sortilèges" de Clarke et Gilson
Je dois confesser que c'est un peu de ma faute... Je suis noyée sous les livres du prix "Chroniques de la rentrée littéraire" mais je n'avais pas envie d'abandonner LA LECTURE DU DIMANCHE. Pimprenelle ayant découvert Mélusine, je me suis dit que j'allais le lire aussi et en faire un petit billet.
De quoi ça parle :
Mélusine est une jeune et jolie sorcière. Elle se fait embaucher comme femme à tout faire dans un manoir dont les occupants sont un vampire et son épouse fantôme. On va suivre la jeune sorcière dans ses aventures et expérimentations de potions et sortilèges, pas toujours réussies.
Ce que j'en ai pensé :
Je me suis d'abord demandé quel était vraiment le public visé. J'aurais dit "jeunesse" mais certaines planches la montrant dénudée ne m'ont pas vraiment convaincue non plus.
J'ai lu cette bande-dessinée en esquissant quelques sourires mais guère plus. Je dois avouer que j'ai trouvé ça assez niais dans l'ensemble. Je suis un peu déçue car le thème de la magie est suffisamment riche, je pense, pour pouvoir faire rire tout en n'oubliant pas d'instruire. Tout n'y est qu'ébauché, mais peut-être parce que ce n'est qu'un premier tome. Mais je ne suis pas certaine que j'aurai envie d'en lire d'autres.
Normal... les tomes 3 et 4 du Décalogue m'attendent sur ma PAL, hé hé !
Filons voir ce qu'en a pensé cette sorcière de Pimprenelle
samedi 10 octobre 2009
Le décalogue (tome 2) de Giroud et de Vita
Après avoir entendu il y a quelques jours vos encouragements à poursuivre dans cette lecture, je n'ai pas trop attendu pour lire le deuxième tome de cette série.
De quoi ça parle :
Les personnages ont changé depuis le premier tome. Le fil conducteur est en fait "Nahik" le manuscrit déjà rencontré dans le premier tome.
Mais l'histoire qui l'entoure est très différente. On va suivre le parcours d'un jeune musulman, Merwan, qui se fait peu à peu aspirer par un groupe islamiste.
Tout commence lorsqu'il se dispute avec sa petite amie parce que celle-ci se produit avec une troupe de danseurs, dans une gare et habillée de manière très légère. La jeune femme refuse de se laisser diriger et va prendre un train avec toute son équipe.
Mais sur le quai de la gare, Merwan aperçoit un homme, Halid Riza, dont son groupe islamiste a mis la tête à prix. Il va donc embarquer dans le train pour tuer cet homme. Mais ce dernier va lui montrer le manuscrit et lui raconter des choses qui vont faire douter Merwan du bien-fondé de la "lutte" du groupe qu'il sert. Malgré tout, il va tuer accidentellement Riza.
Pris pour un héros au sein de son groupe, mais en fuite car soupçonné de meurtre, Merwan va tenter de faire entendre raison à son groupe...
Ce que j'en ai pensé :
J'ai encore pris beaucoup de plaisir avec cette lecture, même si le ton est très différent et que ce volume m'a semblé beaucoup plus engagé idéologiquement. Je trouve que cette série amorce une véritable réflexion sur la place de la religion dans notre société.
Je ne vous cache pas que j'ai très envie de découvrir la suite.
mardi 6 octobre 2009
Le décalogue de Giroud et Behe
Voilà un petit retour en bande dessinée, et ce encore une fois grâce aux rayons bien achalandés de la médiathèque de ma ville.
De quoi ça parle :
L'histoire se déroule à Glasgow. Un meurtrier en série sévit dans les rues : il tue des femmes qu'il a au préalable déshabillées et dont il laisse le cadavre accompagné d'un poupon en plastique.
Parallèlement, on suit l'histoire d'un directeur éditorial, Simon qui, au milieu de ses nombreuses relectures de manuscrits, essaie d'écrire son propre roman. C'est d'ailleurs l'objet de moquerie de Gwen, son ancienne petite amie, qui ne cesse de lui dire qu'il en est incapable.
Mais un jour, une vieille dame vient lui demander des nouvelles d'un manuscrit qu'elle lui a déposé et qui serait l'oeuvre d'un ancien parent. Il promet de le lire et congédie la dame. Celle-ci se fait renverser par un camion en sortant et décède.
Simon finit par lire le manuscrit, le trouve excellent et le traduit. Pour plaire à Gwen, il va même s'en attribuer la paternité. Mais cela ne sera pas sans contrepartie...
Ce que j'en ai pensé :
N'y allons pas par quatre chemins, j'ai adoré. L'histoire est palpitante et je vais très vite lire le deuxième que j'avais emprunté dans la foulée mais également courir emprunter la suite.
J'ai beaucoup aimé les dessins mais également le scénario qui croise une histoire autour de l'édition et une autre autour de meurtres en série.
Comme le titre le laisse présager, il y en a dix. Et le titre n'est pas innocent mais je préfère vous laisser la découverte de ses motivations.
Un autre avis chez Jelydragon.
vendredi 18 septembre 2009
Appel au calme de Tito
J'avais découvert cette collection avant l'été en recevant gratuitement l'exemplaire d'Adèle et la Bête de Tardi. Agréablement surprise par le format (et son prix), j'ai eu envie d'en acheter un autre de la même collection.
De quoi ça parle :
A la sortie d'une gare, un jeune martiniquais se fait agresser et frapper à mort. Pendant qu'il sombre dans le coma, son frère Neiss voit l'ensemble du collège réagir face à cet événement. Des réactions diverses, des propositions tout aussi diverses pour réagir contre le drame qui touche la famille de leur camarade.
Une plongée dans une cité de banlieue.
Ce que j'en pense :
Je vous parlerai tout d'abord du format qui, à mon sens, ne rend pas du tout service à cette BD. Les dessins y ont trop été réduits; et si vous ajoutez à cela le fait qu'elle soit en noir et blanc, je vous garantis que vous avez perdu au moins une bonne moitié du plaisir de la lecture. J'ai vraiment peiné à lire cette bande-dessinée.
Si je prends maintenant le contenu, le scénario, je dois avouer que je ne suis pas plus convaincue. J'ai eu l'impression que l'auteur avait tiré des idées des éditos de journaux sur les révoltes de banlieue mais les avait réutilisées sans y mettre d'âme, sans chercher à comprendre. Travaillant en banlieue sensible, je ne peux pas dire que j'y aie retrouvé mes élèves, ou alors caricaturés dans leurs réactions mais comme privés des émotions qui les mettent à fleur de peau.
Bon, je retourne à la lecture de l'Année Brouillard que je ne suis pas certaine de terminer.
mardi 4 août 2009
Presque de Manu Larcenet
Quand Ori a vu il y a quelques semaines que je m'intéressais aux bandes dessinées de Manu Larcenet, elle m'a signalé ce titre. Je l'ai presque aussitôt acheté mais retardé un peu sa lecture.
De quoi ça parle :
Dans cette BD très différente de ce que j'ai déjà lu de lui, Larcenet partage son expérience du service militaire. Par le biais d'un dessin uniquement en noir et blanc, il fait ressentir avec beaucoup de justesse les épisodes qui l'ont beaucoup marqué.
Ce que j'en pense :
De nouveau, je suis très touchée par ce que fait cet auteur. J'ai aimé la manière dont il fait alterner deux types de graphisme dont l'un est très enfantin. Chez cet auteur, l'émotion est vraiment au rendez-vous dans ses dessins mais aussi sa manière de jouer sur les ombres et les fondus de noir. Un climat vraiment oppressant.
J'ai également beaucoup aimé le petit appendice final, très drôle où l'auteur fait une tentative d'explication au lecteur.
Une bande-dessinée que je vous conseille vivement. Merci Ori !








