Un seul corps de Stéphanie Le Bail
Pour commencer, je remercie les Editions du Rocher et le forum Livraddict pour ce partenariat.
Isabelle vit avec sa fille Emie. Le père, un artiste, a tout bonnement quitté le domicile conjugal, un jour, pour ne plus jamais revenir. Emie a désormais dix-sept ans et souffre d'une maladie inexpliquée qui l'affaiblit un peu plus chaque jour. Un matin, Isabelle se lève et ne trouve pas sa fille dans la maison. Celle-ci a disparu. Et on apprend peu après que son cheval aussi. Isabelle est déterminée à retrouver son enfant, car celle-ci ne peut rester longtemps en vie sans son traitement. Le narrateur ? L'arbre en face de la maison.
Le roman de Stéphanie Le Bail a des qualités d'écriture et de justesse dans l'expression des sentiments. D'ailleurs, j'ai adoré tout ce qui concerne les liens entre la jeune fille et le cheval, la manière dont ils se sont en quelque sorte choisis tous les deux. Néannmoins, je trouve qu'il souffre de sérieuses incohérences qui ont gêné ma lecture.
Tout d'abord, j'avais envie de cette lecture racontée depuis le point de vue d'un arbre (certes, Van Cauwelaert l'a fait avec brio il y a quelques mois déjà, mais il n'en a pas l'exclusivité). Hormis un passage, où nous est raconté l'attachement d'Emie à la nature, je n'ai malheureusement pas compris ce que cette focalisation apportait au roman et de fait, ai trouvé ça unn peu gratuit. Mais tout ne doit pas forcément avoir une justification en littérature, me direz-vous ?
Ensuite, j'ai trouvé très léger le traitement de la maladie d'Emie. Elle a une maladie inexpliquée qui l'affaiblit, certes. Mais la mère ne semble pas avoir consulté beaucoup de spécialistes et s'en remet au traitement d'un généraliste... Emie a un traitement sans lequel soit disant elle ne peut survivre mais le médecin ne sait pas ce qu'elle a. Pardonnez-moi, mais je ne comprends pas...
Ensuite, et désolée si je spoile, mais je n'ai pas compris que la mère accepte le choix de la jeune fille d'aller mourir dans un endroit secret avec son cheval, endroit que connaît le palefrenier, en plus... endroit dans lequel la gamine aimait se rendre avec son père des années auparavant. Je n'ai pas cru un seul instant à la lettre cachée dans l'arbre, au secret gardé par le palefrenier et l'inaction de la mère. Quant à l'enquête des policiers... leurs réflexions sont si bêtes, que ça en devient risible (par exemple, demander à la mère si le cheval peut se montrer dangereux si la police réussit à retrouver la jeune fille...)
Ensuite, j'ai également trouvé peu crédible le lien qui se crée à ce moment-là entre le médecin et la mère. Lien encouragé d'ailleurs par Emie dans sa lettre... en gros, le docteur, c'est un type bien, tu devrais essayer... Le personnage du frère d'Isabelle, très bien construit au départ, finit par tomber dans sa propre caricature à la fin du roman.
Un rendez-vous raté donc et j'en suis désolée.
Commentaires sur Un seul corps de Stéphanie Le Bail
- Cajou : et puis, je trouve délicat de dire du "mal" d'un premier roman. On a toujours un peu honte de se permettre de juger de l'oeuvre de quelqu'un qui y a mis toute son âme.
L'Irrégulière : et cela a été encore plus flagrant, une fois la lecture achevée
Lasardine : lis le Van Cauwelaert dans ce cas
Clara : clairement, oui...
Anne-So : petite joueuse, rires !
Sharon : c'est vrai que par contre, la relation avec le cheval est très belle
Manu : ou c'est moi qui n'ai rien compris
suis blonde aussi, ça n'aide pas, rires
Géraldine : dix vies ne suffiraient pas à lire tout ce qui nous tente... alors ce qui ne nous tente pas... - mon avis est en ligne. Que c'était difficile à écrire. Plus j'écrivais et plus je ne décelais que les défauts alors qu'en réalité je ne l'ai pas trouvé si mauvais que ça. Il est plein de sensibilité. J'ai pris un peu de recul pour y revenir aujourd'hui.
En tout cas, tu as très bien résumé les plus et les moins. Bravo, ce n'était pas évident du tout. - un conteBonjour, J'ai découvert ce roman après lecture de vos commentaires (merci) qui m'ont rendu curieux. Je l'ai trouvé d'une grande portée. La puissance de son imaginaire l'emporte sur les lacunes (l'enquête, la maladie : c'est vrai) de vraisemblance. C'est un conte... qui porte en lui un message peu commun et très fort. Il m'a bouleversé.

















Biz