jeudi 30 avril 2009
Les Amants de la Mer Rouge de Sulaiman Addonia
Oui, je sais bien que vous avez vu cette couverture sur de nombreux
blogs ces derniers jours. Mais ne passez pas votre chemin car je pense
avoir des choses à en dire. Certains n'ont pas accroché à la romance des deux personnages, qui ne les a pas fait rêver. Moi non plus, d'ailleurs. Mais je pense qu'il y a justement matière à discussion. Mais on y reviendra.
De quoi ça parle :
Nasser est un jeune homme qui vit en Arabie saoudite avec son frère. quand ils étaient petits, leur mère a fait le choix de se séparer d'eux pour qu'ils échappent à la violence en Erythrée. Mais ce sont d'autres violences qui attendent Nasser dans son pays d'accueil.
En effet, dans ce pays, les femmes sont intégralement voilées et ne sont jamais vues des hommes. Seuls leurs maris les voient non voilées, et ce dans l'intimité. Ainsi de nombreux hommes assouvissent leurs désirs avec de jeunes garçons. Et Nasser va devoir subir de nombreux assauts pour survivre.
Un jour, un papier est jeté en boule à ses pieds. C'est un mot d'amour. De là va naître le début d'une correspondance et d'un amour entre Nasser et celle qu'il va nommer Fiore. Bravant de nombreux interdits, leur amour triomphera-t-il du joug des traditions et de l'enfermement imposé aux femmes ?
Ce que j'en ai pensé :
J'ai déjà lu plusieurs livres traitant de la condition des femmes dans certains pays musulmans. Et même si le thème ne m'a pas étonnée, j'ai encore une fois été très touchée. Je trouve que l'auteur a eu le courage de dénoncer les pratiques auxquelles se livrent les hommes pour assouvir leurs désirs. Le destin de Nasser m'a vraiment bouleversée. Dans ces pays, on ne peut vivre paisiblement les petits bonheurs de l'amour, c'est puni par la loi. Une loi qui n'a rien à voir avec la justice, que ce soit celle des hommes ou celle de Dieu.
Nasser et Fiore sont "tous les deux des êtres blessés", lui dans son intimité et elle en ce qu'elle vit enfermée vivante.
Moi non plus, je n'ai pas trop accroché à leur romance. Mais je pense que cela vient en fait du public visé qui n'est pas un public occidental. Par contre, je pense que cela doit beaucoup parler à un public qui vit cela, cette absence de liberté amoureuse. J'ai trouvé les deux personnages très courageux et il y a dans ce livre un message d'espoir et d'incitation à la liberté que je trouve très important. Et cela excuse à mon sens quelques scènes qui peuvent nous sembler un peu cliché.
Quelques phrases relevées par ci par là :
* "Avec un soupir il m'avait répondu : "La loi, mon garçon, ne s'applique que contre les pauvres et les étrangers, pas contre les riches ou les membres de la famille royale."
* "Quand deux amants sont surpris, l'homme reçoit des coups de fouet mais peut continuer à vivre. s'il s'excuse et demande pardon à Allah, il peut mener une vie heureuse et normale. Mais la femme, après la douleur des coups de fouet, se retrouve confrontée à une douleur bien plus terrible : elle a perdu son honneur. Plus aucun homme ne la touchera, plus aucun homme ne voudra l'épouser, on la fuira comme un chien enragé, et si un coup de feu ne la tue pas, la solitude et l'abandon s'en chargeront."
* "Nasser, y a-t-il vraiment quelque chose de mal en moi qui pousse les hommes vers le mal ? Pourquoi devrais-je m'inquiéter de l'enfer ou du paradis qui les attend, pourquoi serait-ce à moi de payer le prix de leur faiblesse , Je ne suis qu'une femme qui voudrait mener sa vie librement."
Merci encore à Suzanne de Chez les filles et aux éditions Flammarion de m'avoir permis cette découverte. 
Vous pouvez aussi lire les avis de Keisha et Saxaoul
mercredi 29 avril 2009
"Je vais bien, ne t'en fais pas" du livre au film
Il y a quelques temps je lisais le livre d'Olivier Adam qui a servi de base au film de Philippe Lioret. Je ne redirai pas ce que j'avais pensé du livre dans le détail, vous pourrez le lire ICI. Seulement en deux mots, j'avais aimé le roman mais été déçue par la chute.
Alors ce film ?
Bon, de grandes libertés ont été prises avec le livre. Et je trouve ça vraiment dommage.
Tout d'abord, le nom de la jeune fille est changé pour coller avec la chanson du générique, soit. Ensuite, son frère Loïc devient son jumeau. soit encore. Mais pourquoi la faire habiter chez ses parents par exemple, alors qu'il y avait un réel intérêt à sa vie à Paris dans le livre. Du coup, on effleure à peine sa vie de caissière, son errance amoureuse.
Ce que j'ai trouvé ridicule au possible, c'est le passage de l'anorexie. Après avoir jeûné 9 jours, elle obtient une place dans un hôpital pour la guérir de son anorexie. Je pense que c'est un manque de respect vis-à-vis des familles qui connaissent vraiment ce problème. Et je ne parle même pas de la caricature de l'infirmière et de la tentative d'évasion.
De même, si j'ai trouvé touchant l'homme qui devient son amoureux, pourquoi lui choisir le compagnon de son amie ?
J'ai toutefois apprécié deux choses. La première, c'est la relation très forte entre le père et son enfant, les sacrifices auxquels il consent pour la protéger (même si je ne suis pas d'accord avec le choix de cacher la mort du frère). Et j'ai aimé que la fin soit tranchée, alors que dans le roman rien n'était clair. Certes, l'accident d'escalade n'est pas très original, mais bon...
Finalement, je trouve que le personnage de Lily (Claire dans le roman) est totalement éclipsé derrière celui de son père. Et ce personnage était si touchant dans le livre, quel dommage. Je comprends qu'on puisse adapter un roman mais pourquoi lui enlever ce qu'il a de plus beau ?
Je dois rajouter d'ailleurs que la faire vivre chez ses parents en banlieue, qui plus est dans un lotissement de maisons, rend peu crédible que personne en un an n'ait l'occasion de lui dire ce qui s'est passé. Dans le livre, elle vit vraiment une vie en marge de sa famille et de ses anciennes connaissances qui donne un peu plus de crédibilité à l'histoire.
Petit clin d'oeil pour terminer : dans le film, deux livres sont offerts à Lily et ce sont des titres d'Olivier Adam.
mardi 28 avril 2009
Des mains en or
Il y a quelques jours, je vous montrais mes marque-pages et vous parlais de ma collègue de travail Laurence ! En plus de co-gérer le CDI du collège d'une main de fer (dans un gant de velours ?), elle fait plein de choses de ses mains.
De retour de vacances, hier, elle m'a offert plein de petits cadeaux faits mains pour s'excuser d'avoir posté plein de commentaires la semaine dernière. Mais enfin, Laurence, c'est le but de poster des commentaires hein ? Alors surtout tu fais comme chez toi et tu dis tout ce que tu veux (ou presque... rires).
Alors pour commencer, voici les trois nouveaux marque-pages qui complètent ma collection !!!
Celui du milieu a été fait avec de l'aquarelle, des tampons et les papillons grâce à une perforatrice et dans un papier épais. Les deux autres ont été réalisés sur un papier souple que Laurence a fait elle-même, si si !
Je suis gâtée, hein ? Attendez de voir la suite...
C'est un arbre à prénom !! Le mien donc, c'est joli, hein !

Et voici deux jolies cartes aussi !! Faites avec de l'aquarelle et des tampons. Je sens qu'elles vont m'accompagner partout !
avant de vous quitter, je vous mets l'adresse de son site sur lequel vous aurez un aperçu de ses réalisations, allez y faire un tour, d'accord ?
Le site de LAURENCE
Dans quelques jours, vous devriez apercevoir chez Capp, les jolis marque-pages qu'elle lui a faits.
Bonne journée à tous !
lundi 27 avril 2009
Lady Susan de Jane Austen
Eh oui, je sais : encore un Folio à 2 euros. Celui-ci je l'ai repéré il y a un petit moment déjà chez Leiloona de Bric à Book. Il a tout de suite intégré ma PAL et dû se montrer bien patient. Depuis, les billets sur les ouvrages d'Austen ne cessent de fleurir, de même un challenge a vu le jour et cet auteur et tout ce qui tourne autour d'elle a déferlé sur la blogosphère.
Revenons à nos moutons et à notre chère Lady Susan.
De quoi ça parle :
Lady Susan est une veuve, mais pas de ces veuves respectables. Elle est jolie mais sans le sou. Elle est odieuse mais a le don d'embobiner les hommes. Ayant tenté de séduire un homme marié, elle va se réfugier chez son beau-frère. Mais personne n'est aise quant à sa venue.
Grâce à la forme épistolaire de ce petit roman, on accède aux pensées de tous les protagonistes de l'histoire. Et cela va bon train car Lady Susan a jeté son dévolu sur Réginald et on ne sait si elle batifole ou si elle cherche à se faire épouser. De plus, elle est cruelle avec sa propre fille qu'elle tente de marier à un jeune homme insipide mais fortuné.
Ce que j'en ai pensé :
J'ai adoré !! Lady Susan est une garce comme je les aime en littérature. Elle n'a pas à pâlir devant la Marquise de Merteuil. J'aime les romans épistolaires, et comme dans Les liaisons dangereuses l'alternance des lettres permet de mettre à jour tous les jeux de dupes ainsi que la duplicité de l'héroïne éponyme.
J'ai lu ici et ailleurs que c'était bien faible par rapport au reste de la production écrite de l'auteur. Comme c'est mon premier titre d'elle, je ne peux que m'en réjouir. Car viendra le jour où j'aurai un peu de temps et pourrai moi aussi me lancer à l'assaut du phénomène Jane Austen.
Les avis fleurissent sur le net. Le plus récent à ma connaissance est celui de ma copine Pimprenelle : Là
dimanche 26 avril 2009
L'éternelle histoire de Karen Blixen
On peut dire que ces derniers temps je suis gâtée. En effet, ce livre est encore un cadeau et cette fois il m'a été offert par ma copine Neph qui a elle aussi blog : ICI.
Ce livre fait partie d'une collection que l'on ne présente plus : Folio 2 euros. Pour une somme modique, il est permis à chacun de se familiariser avec un auteur, d'en découvrir certains que l'on n'aurait peut-être pas osé aborder sur des oeuvres plus conséquentes.
Cela faisait longtemps que je voulais découvrir l'écriture de Karen Blixen, c'est chose faite.
De quoi ça parle :
M. Clay est un vieil homme peu sympathique. C'est un marchand de thé fortuné, très respecté à Canton. Un soir, il raconte à son secrétaire, Elishama, l'histoire d'un marin qu'il tient pour vraie. Mais elishama lui dit que cette histoire est une fable que racontent tous les marins sans qu'elle soit jamais arrivée à personne. Clay va alors décider de demander à son secrétaire de mettre en scène cette histoire et de faire en sorte qu'elle devienne réelle. Mais il n'est pas toujours facile de prévoir où vont se trouver la frontière entre fiction et réalité...
Ce que j'en ai pensé :
Ce ne fut pas une lecture désagréable, bien au contraire. Le style de l'écriture est classique, l'intrigue bien menée dans l'ensemble. Toutefois, la fin de l'histoire m'a assez peu convaincue, je ne suis d'ailleurs pas certaine d'avoir compris l'enjeu de la chute. J'ai trouvé que beaucoup de bons ingrédients étaient présents mais que malgré tout l'histoire tournait à vide. De plus, je ne suis pas du tout convaincue par le choix de l'illustration de la première de couverture. C'est donc un peu un sentiment mitigé : une lecture fluide mais pas inoubliable.
Merci encore Neph de ce cadeau. Je lirai bientôt le 2e que tu m'as envoyé ;)
samedi 25 avril 2009
Chroniques de San Francisco d'Armistead Maupin
Voici un bouquin pour nous tirer de la morosité ambiante. Un livre que j'ai doublement aimé. Non seulement car je me suis régalée mais aussi parce que c'est le cadeau de ma copine Pimprenelle qui l'avait découvert et adoré il y a quelques temps : ICI.
De quoi ça parle :
A la fin des seventies, Mary Ann Singleton, 25 ans, a quitté Cleveland pour tenter sa chance à San Francisco. Elle s'installe au 28 Barbary Lane et fait la connaissance d'une logeuse haute en couleurs : Mme Madrigal. Celle-ci gère plusieurs logements occupés par des célibataires. On y trouve Mona la publicitaire, Michael son ami chômeur et homosexuel, Brian toujours en quête d'une aventure. Tous ces destins vont se croiser avec ceux d'autres personnages : Edgar Alcyon et sa femme Franie, leur fille DeDe et son mari Beauchamp, et bien d'autres.
Ce que j'en ai pensé :
J'ai littéralement adoré ce roman. J'aurais pu le lire d'une traite. Tout d'abord grâce à la grande fluidité qu'offre une écriture faite essentiellement de dialogues, donnant la sensation que les personnages écrivent leur propre histoire. De plus, le roman est subdivisé en toutes petites sections. Chacune d'entre elles porte un titre et permet de sauter allègrement d'un personnage à l'autre. Car le récit change constamment de focalisation et nous permet de comprendre chacun des personnages. Et chaque changement relance la curiosité et l'envie d'avancer dans leurs aventures.
J'ai aimé :
* le côté à la fois maternel et déjanté d'Anna Madrigal
* le cadeau qu'elle offre à chacun de ses locataires
* la manière dont edgar choisit de terminer sa vie
* la sensibilité de Michael
* l'ingénuité initiale de Mary Ann
* l'entraide des habitants de Barbary Lane
* la manière dont tous ces destins vont finir par s'entremêler.
Je me suis empressée d'aller acheter les deux tomes suivants en me réjouissant que toute la série soit désormais en poche : des heures de plaisir en perspective.
Pimprenelle, je te remercie encore de ce gentil cadeau et de ce plaisir que tu m'as permis. Je n'oublie pas un petit lien vers l'article de Neph qui l'a fait découvrir à Pimprenelle : cliquez ici.
vendredi 24 avril 2009
Le canapé rouge de Michèle Lesbre
Ce court roman m'a été chaudement recommandé par mon libraire. Toutefois, vu ce qu'il m'a raconté, je doute qu'il l'ait lu en fait... Ce n'est pas grave cependant car j'ai passé un très bon moment avec cette lecture.
De quoi ça parle :
Anne se rend à Irkoutsk. Elle veut y retrouver un homme qu'elle a aimé, Gyl. Pendant ce long trajet, alors qu'elle contemple les paysages qui s'offrent à elle, Anne ne peut s'empêcher de penser à Clémence. C'est une vieille dame, sa voisine, à qui elle fait la lecture régulièrement. Elle lui lit les histoires de femmes qui ont mfait parler d'elles pour leur courage et leur quête de liberté.
Le récit alterne donc entre son voyage en Russie et ses souvenirs avec sa voisine. Mais arrivera un moment où Anne devra prendre conscience du but réel de son voyage et retourner voir Clémence.
Ce que j'en ai pensé :
C'est un très joli roman qui donne envie de grands espaces et de fuite en avant. Un roman qui donne envie de découvrir la culture russe.
Mais en même temps, c'est un bel hymne à l'amitié entre les générations, au partage des petits plaisirs de la vie quotidienne, à la vraie signification de l'amour. J'ai vraiment beaucoup aimé.
Morceau choisi :
* "Il ne se souciait pas de ma présence (nous étions les seuls clients de la librairie), jusqu'au moment où il s'était approché pour me demander ce que je cherchais. Je ne cherchais rien de particulier, j'étais en attente de la merveille qui sugirait, de la surprise, mais il n'écoutait pas ma réponse, il me proposait déjà d'aller marcher le long du canal. Je l'avais suivi et lui avais demandé à mon tour quel livre il était venu acheter. Aucun, m'avait-il répondu, il glanait chaque jour une phrase, un paragraphe qu'il apprenait et consignait ensuite sur un cahier, lequel peu à peu devenait un livre, un étonnant fouillis sans histoire, mais qui les traversait toutes et construisait à chaque lecture quelque chose de différent d'où émanait selon lui, un début de vérité, c'est-à-dire un mystère absolu."
jeudi 23 avril 2009
Tu devrais voir quelqu'un d'Emmanuelle Urien
Voilà un roman dont le titre promettait tout un programme. C'est sur le blog de Clarabel que je l'ai découvert et il n'a pas tardé à atterrir en très bonne place sur ma PAL. Merci encore pour cette découverte.
De quoi ça parle :
Sarah est une jolie jeune femme qui travaille comme secrétaire médicale. Mais pendant son temps libre, Sarah écrit. Du moins, elle essaie : car personne n'a jamais vu ce qu'elle écrit. Sa vie semblait bien réglée même si avec Julien... Parce que c'est sûr, elle aime Julien mais c'est le mari de Fatiha, sa meilleure amie. Et que ce n'est pas si simple.
Mais un jour, il est là. Qui ? Janvier. Comment ça qui est Janvier ? Là est bien le problème. Il est apparu un beau jour dans son champ de vision et elle est la seule à le voir. Insidieusement, cette vision va prendre tout l'espace dans sa vie. Et Sarah va s'apercevoir que son écriture peut agir sur les comportements de cet homme étrange.
Ce que j'en ai pensé :
Je me suis régalée car la narration est agréable et que le roman se lit tout seul. J'ai vraiment aimé l'insertion de cet homme dans sa tête, comment ce qui semble de la folie l'envahit peu à peu, comment en tant qu'écrivain elle va décider des faits et gestes de celui qui semble être un personnage sorti de son imagination. Car tout ce que Sarah écrit, Janvier l'éxécute. et ce, jusqu'à la fin. Ou presque car la fin est un véritable coup de théâtre. Emmanuelle Urien joue à la perfection avec la porosité entre la figure de l'écrivain et celle de son personnage. Je vous le conseille vraiment.
Un petit extrait qui montre jusqu'où Sarah va avec son personnage :
* "Qu'est-ce qui m'a pris, arrête, maintenant. Derrière ses paupières, elle recompte les pages, encore dix jusqu'au mot fin, Neuf, encore huit, cela n'en finit pas, Arrête, il n'arrêtera pas, c'est elle qui a écrit l'histoire, elle qui a voulu, elle regrette les phrases devenues trop longues, trop de vigules, aucun point, pas de quoi reprendre son souffle, il s'exécute et elle subit, les yeux clos elle s'abandonne à sa prose crue et violente, elle n'essaie même plus de jouir, elle a mal, le corps le coeur et l'âme en boule, elle est humiliée. C'est lui qui la manipule, elle est la marionnette, C'est du viol sauf que personne ne l'entend dire non."
mercredi 22 avril 2009
La Route de Cormac McCarthy
Voilà un bien étrange roman. La lecture en est fluide, le sujet intéressant et pourtant il me reste quelque part un arrière-goût.
De quoi ça parle :
Un homme et son fils font partie des derniers survivants de l'Apocalypse. On les suit dans leur traversée du pays et dans leur tentative de survie. Mais il est de plus en plus difficile de trouver de quoi se nourrir et survivre. Et les quelques survivants croisés sont tout sauf amicaux. On assiste donc à une fuite en avant de ces deux âmes perdues et à leurs dialogues. Le petit se demande comment tout cela va bien pouvoir finir...
Ce que j'en ai pensé :
Comme je l'ai dit, ce roman se lit tout seul. Mais globalement, je ne sais pas trop pourquoi il a été écrit car il ne se passe pas grand chose et on ne cherche pas à démontrer grand chose. Ou alors, je suis passée à côté du livre, ce qui n'est pas exclu.
J'ai trouvé cependant la relation père-fils très belle et l'ambiance fin de monde rendu à merveille, très oppressante.
Ceci dit, aucun regret puisque j'avais emprunté ce livre à la médiathèque de ma ville.
mardi 21 avril 2009
Carmilla de Sheridan Le Fanu
Qui est cette étrange femme à demi-nue sur la couverture ? Pour le savoir, il faudra oser lire ce livre. Comme bon nombre de mes copines, j'ai dévoré la série Twilight, regrettant le style de la traduction mais heureuse du fait que l'image du vampire ait été revisitée. Toutefois, j'avais bien envie de lire un bouquin plus daté sur la question sans toutefois lire le Dracula de Bram Stoker. Alors voici un roman écrit une vingtaine d'année avant.
De quoi ça parle :
Laura est une jeune fille solitaire qui vit dans un château isolé avec son père. Elle se fait tout une joie de recevoir bientôt le général Spiedorf, accompagné de sa jeune filleule qui lui amènera un peu de distraction et de compagnie. Mais une lettre arrive, annonçant la mort de la jeune fille dans des circonstances que le général, plein de rage, annonce comme l'oeuvre d'un démon.
La vie reprend son cours quand Laura et son père assistent à un accident d'un attelage. Une femme mystérieuse va alors leur demander de garder sa fille Carmilla car elle doit poursuivre son voyage, car il est question de vie ou de mort. Pris au dépourvu, le père de Laura accepte, à la plus grande joie de sa fille. C'est ainsi que l'étrange et envoûtante Carmilla va partager leur vie quelques temps.
Mais Carmilla est très étrange, toujours lasse. Et elle semble cacher un terrible secret. De plus, Laura semble décliner de jour en jour et fais d'étranges rêves qui lui semblent si réels...
Ce que j'en ai pensé :
Déjà, j'ai pris beaucoup de plaisir car j'aime la littérature du XIXème, je trouve que l'ambiance y est vraiment particulière. En plus, Le Fanu s'inscrit dans la vague du roman gothique anglais, ce qui n'a pas été pour me déplaire.
J'entends déjà certains dire que les histoires de vampire ne les intéressent pas. Eh bien, je leur dirai de tenter avec celui-ci. Déjà parce que le vampire est une femme et que la peur est discrètement distillée. On est loin des gros clichés du vilain vampire buveur de sang. Carmilla est un personnage fascinant, attirant. Même Laura succombe à son charme et Le Fanu ose tenter en filigrane la tentation homosexuelle. Tout y est fait en délicatesse, c'est vraiment un très beau roman.
Alors, laissez-vous tenter... et mordre...




