Mille et une pages

Mes avis de lecture, en toute simplicité.

lundi 30 mars 2009

Défi : Littérature policière sur les cinq continents

policier_continents

   Allez je me lance moi aussi dans l'aventure. J'aime de plus en plus les polars alors pourquoi ne pas lancer un tour du monde des polars. C'est grâce à l'initiative de Catherine qu'a démarré ce super défi. Il y a même un blog pour centraliser tous les billets faits sur les lectures de défi : ICI.
 
A mon tour donc de vous révéler la liste des livres que j'ai envie de lire. J'ai fait une petite entorse et choisi deux livres pour l'Amérique : un pour le Nord et un pour le Sud.
Afrique : La mémoire courte de Despreez
Europe : La cité des jarres d'Indridason
Océanie : L'homme des deux tribus d'Upfield
Asie : Le Village aux Huit Tombes de Yokomizo
Amérique du Nord : L'aliéniste de Carr
Amérique du Sud : Vents de Carême de Padura

Je pense que ma première escale sera européenne. A suivre !
Si l'aventure vous tente, n'hésitez pas à en prendre le train en marche.

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dimanche 29 mars 2009

Mauvais délires de Cohen-Scali

mauvais_d_lires   Voici le deuxième livre que je découvre de Cohen-Scali. Elle écrit pour la jeunesse et elle le fait bien. C'est ici un recueil de 8 nouvelles fantastiques qu'elle nous offre.
C'est parti pour un avant-goût rapide de ces huit histoires.
Le fils : nouvelle qui parle d'un garçon qui traque une femme pour lquelle il semble nourrir un profond ressentiment.
La rose : histoire d'un savant cherchant à créer la femme parfaite. Femme qui devient de plus en plus autonome...
Le puits : Très belle nouvelle gravitant autour d'une légende japonaise.
Le témoin : enquête sur un crime, relatée par un témoin des plus étranges.
Retrouvailles : nouvelle sur un enquêteur hors du commun, capable de retrouver n'importe quelle personne disparue.
Femme voilée : histoire d'un psychiatre qui traite une femme mystérieuse, refusant de montrer son visage.
Job d'été : l'étrange histoire d'une jeune bachelière qui décide de s'occuper d'une vieille femme dans une maison de retraite.
L'échange : un homme se voit remettre un mystérieux tract permettant de revenir en arrière dans le temps.

Ce que j'en ai pensé : Je l'ai lu très vite car c'est une découverte agréable dans son ensemble. Je n'ai pas trop aimé la chute de "La rose" et de "La femme voilée" mais j'ai adoré celle de la dernière nouvelle, que j'ai trouvée très drôle. Selon moi, toutes les nouvelles ne relèvent pas à proprement parler du genre fantastique car on y flirte parfois avec la science-fiction, voire simplement avec de l'étrange. Toutefois, c'est un livre à mettre entre les mains des ados.

mauvais_sangs

J'avais beaucoup aimé son recueil Mauvais sangs, constitué de nouvelles plutôt policières aux chutes vraiment excellentes.

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samedi 28 mars 2009

Paris, quand tu nous tiens.

swap_parisAvez-vous déjà vu cette belle bannière ces derniers temps ?
Non, alors foncez chez Loula, il reste une place, une seule.

Vous êtes encore là ?

Je vais donc participer au swap autour du thème de Paris qu'elle organise. Je suis très impatiente, ce sera mon troisième swap mais le premier sur la blogosphère.

Voilà ce que les colis devront contenir :
* 2 livres (ou BD ou manga) dont l’intrigue aurait lieu à Paris mais à  deux  époques différentes

* 1 objet en rapport ou non avec Paris

* 1 gourmandise

* 1 surprise

J'attends avec impatience la dernière inscription, peut-être vous !

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vendredi 27 mars 2009

La porte des Enfers de Laurent Gaudé

porte_enfers   Après La mort du Roi Tsongor, j'avais très envie de lire autre chose de cet auteur. Et je dois avouer que le résumé de La Porte des Enfers me faisait de l'oeil.

De quoi ça parle :

   Matteo est pressé ce matin-là, et tire Pippo son fils derrière lui. En pleine rue, un coup de feut retentit. C'est Pippo que la balle perdue atteint. Et la vie s'arrête alors pour Matteo et pour Giuliana sa femme. Devant l'incapacité de la police à punir le coupable, Giuliana va demander à son époux de lui ramener son enfant ou de punir lui-même le meurtrier. Mais on ne peut faire revenir un mort... Cependant Matteo ne parviendra pas à tuer...

   On lit en alternance avec le récit de l'histoire de Matteo, un autre récit à la 1ere personne. Récit qui se déroule vingt ans plus tard, raconté par Pippo lui-même, venu se venger.

   Comment est-ce possible ? Franchissez avec Matteo la porte des Enfers.

Ce que j'en ai pensé :

   C'est le deuxième Laurent Gaudé que je lis, et encore une fois j'ai adoré. Les narrations se croisent à merveille, on est tenu en haleine du début à la fin. On peut y lire des réflexions fort justes sur la mort et ce qui peut se trouver après. Laurent Gaudé dit avoir écrit ce livre pour ses morts, et on a l'impression qu'il l'a écrit pour les nôtres aussi. Il revisiste la mythique descente aux Enfers et en explore les tréfonds. J'ai beaucoup aimé les personnages qui ont aidé Matteo dans sa quête : beaucoup de justesse dans leurs portraits. Un petit bémol tout de même à mon goût : les deux-trois pages de l'entrée dans les Enfers ne m'ont pas totalement convaincue. Hormis ce petit bémol, c'est un livre sur lequel je vous conseille de vous jeter.

Quelques belles phrases :

* "Vous n'avez jamais l'impression que ces êtres-là vivent en vous ?... Vraiment... Qu'ils ont déposé en vous quelque chose qui ne disparaîtra que lorsque vous mourrez vous-mêmes ?... Des gestes... Une façon de parler ou de penser... Une fidélité  à certaines choses et à certains lieux... Croyez-moi. Les morts vivent. Ils nous font faire des choses. Ils influent sur nos décisions. Ils nous forcent. Nous façonnent."
* " C'est l'autre aspect de la porosité des deux mondes. Nous ne sommes parfois plus si vivants que cela. En disparaissant, les morts emportent un peu de nous-mêmes. Chaque deuil nous tue. Nous en avons tous fait l'expérience. Il y a une joie, une fraîcheur qui s'estompe au fur et à mesure que les deuils s'accumulent... Nous mourons chaque fois un peu plus  en perdant ceux qui nous entourent."


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jeudi 26 mars 2009

La solitude des nombres premiers de Paolo Giordano

solitude_giordano   Je sais ce que vous allez dire : encore ? En effet, cette image fleurit sur les blogs en ce moment. Et si vous n'êtes pas encore convaincus par sa lecture, c'est le moment. En effet, le premier roman de ce jeune auteur italien est un régal et se lit tout seul.

De quoi ça parle :
   Ce livre est la rencontre de deux jeunes aux destins déchirés. D'un côté, il y a Alice qui a fait une chute au ski qui lui a définitivement abîmé une jambe et qui est devenue anorexique. De l'autre, Mattia jeune surdoué en mathématiques qui a perdu sa soeur jumelle et se scarifie pour se punir.
   Je vous entends déjà : "Mais c'est glauque !" La situation l'est, pas le livre.
  Ces deux jeunes écorchés vifs vont se rencontrer, car ils sont comme des nombres premiers qui sont séparés mais presque jumeaux. On va donc les suivre sur une grande partie de leur vie, à travers plusieurs moments marquants.

Ce que j'en ai pensé :
   C'est un livre que j'ai dévoré car j'ai été complètement emportée par les destins de ces deux jeunes gens que la vie a détruits, et qui continuent de se détruire eux-mêmes. Le style est fluide, les sentiments sont forts, les événements narrés incisifs. J'ai été marquée de voir à quel point on peut être inadapté au bonheur et à la vie. On y voit également la cruauté des gens qui peinent à tolérer la différence.
C'est un premier roman vraiment réussi, qui m'a beaucoup touchée et que je ne suis pas prête d'oublier.

Pour ceux qui ne l'auraient encore vue, je vous mets une petite photo de l'auteur paolo_giordanoqui, à 26 ans et avec une formation non littéraire, a reçu le prix Strega, l'équivalent italien du Goncourt.

Vous pouvez lire d'autres avis sur la blogosphère : Neph, Keisha, BlueGrey, et bien d'autres.

Je tiens à remercier Suzanne de Chez les filles pour cette très belle découverte.
chez_les_filles

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mercredi 25 mars 2009

V-Virus de Scott Westerfield

v_virus_mIl y a longtemps que je n'avais pas abandonné un livre et ce, avant la 100e page.

  Cal est un jeune homme porteur sain d'une maladie qui a fait de lui une sorte de vampire d'un genre nouveau.Mais comme il n'est que porteur, il est impliqué dans la lutte contre ceux qui sont réellement atteints. De plus, il rêve de sauver Sarah, la fille qu'il aime et qu'il a contaminée. Car cal a des pulsions sexuelles qu'il peine à réprimer et contamine ainsi ses partenaires.

   Le sujet semblait intéressant et pourtant je n'ai accroché ni avec les personnages, ni avec le récit, ni avec l'humour dont abuse le narrateur. De plus, la saturation de rats et autres parasites ne m'a pas aidée non plus.

Voilà, billet express. Au suivant !

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mardi 24 mars 2009

Encore un doublé

printemps_cinema_1415   J'avoue, j'y suis retournée toujours avec la même copine. Et on a renouvelé le doublé. Deux films beaucoup moins drôles cette fois mais d'une grande intensité et que je suis contente d'avoir pu découvrir.

   Tout d'abord, le film Welcome de Patrick Lioret, le réalisateur du film "Je vais bien, ne welcome_philippe_lioret_L_1t'en fais pas". Simon, maître-nageur, est en train de divorcer de Marie qui est bénévole et sert des repas aux clandestins à Calais. Un jour, l'un d'eux vient lui demander des cours de natattion, c'est Bilal. Et Bilal a décidé de traverser la Mabche à la nage pour aller rejoindre la jeune fille qu'il aime. Simon va aider Bilal jusqu'au bout, malgré les ennuis qu'il s'attire auprès des autorités car il est interdit d'aider une personne sans-papiers. Ce film est dur et poignant, très juste. On y pleure car on sait à quel point la fiction entre fiction et réalité y est mince. Ce film permet de recentrer les choses : si les gens sont prêts à tout pour rejoindre un pays étranger c'est le plus souvent pour échapper à la misère et à la guerre. J'ai pu lire que ce film manquait de rythme. Certes, mais on ne s'ennuie à aucun instant et ce n'est pas un film d'action. La force du message méritait un tel rythme afin d'asséner certaines vérités de la manière la plus profonde possible.
   En voyant la bande-annonce, j'avais repensé à ma lecture du livre "A l'abri de rien" d'Olivier Adam. Même si ce film n'en est pas une adaptation, il s'est inspiré du même fait. Et je n'ai donc pas été surprise de voir le nom d'Olivier Adam dans le générique de fin.

a63c9_slumdog_millionnaire_300    Puis mon choix s'est porté vers "Slumdog Millionaire". Un jeune homme issu des bidonvilles indiens et simple serveur de thé va défrayrer la chronique en remportant le gros lot du jeu "Qui veut gagner des millions". Soupçonné de triche, il va être interrogé et torturé par la police. Il expliquera comment les souvenirs de sa vie lui ont permis de répondre à toutes ces questions de culture générale.

   Par cette histoire bouleversante on est plongé de manière brutale dans la vie quotidienne des miséreux en Inde. Le personnage principal, Jamal, est étonnant de persévérance. Il va tout surmonter pour retrouver et sauver la jeune femme qu'il aime, une jeune indienne de toute beauté.

   J'ai été profondément remuée par ce film :  la lumière y est faite sur les conditions de vie des enfants de ce pays. On ne peut s'imaginer supporter le quart de ce qui fait leur quotidien : la misère mais surtout la violence et le danger. et la fin heureuse pour Jamal ne suffit pas à enlever l'arrière-goût amer provoqué par toute l'atrocité contenue dans un flot d'images qui laisse parfois pantelant. C'est un film différent et puissant qui mérite amplement les récompenses qu'il a reçues. Un de ces films chocs que l'on n'oublie jamais.

   En résumé : une soirée très forte en émotions, dont je pense ne pas être ressortie indemne. Deux destins de jeunes garçons étrangers qui vont au bout de leur conviction.

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lundi 23 mars 2009

Quand ça bourgeonne

printemps_cinema_1415   Chaque année, je loupe cette opération sous tout un tas de prétextes plus fumeux les uns que les autres. Cette année, j'avais en plus la possibilité d'y aller avec une copine, je n'ai donc pas reculé une fois de plus. J'avais peur de la foule mais le choix horaire a peut-être fait que c'était abordable. Un dimanche matin, c'est l'idéal.

Si ça vous tente, faites-vite l'opération est très courte : encore aujourd'hui et demain.

   Je suis donc allée voir deux films et j'ai eu beaucoup de chance car les deux m'ont beaucoup plu. Un film américain et un film français, histoire de varier les plaisirs.

gran_torino

 

La première séance a été l'occasion de découvrir le dernier Clint Eastwood, "Gran Torino". Je n'aime habituellement pas cet acteur, mais la critique étant tellement bonne, je me suis laissée tenter. Et j'ai bien fait.

   Le film démarre par l'enterrement de l'épouse du personnage principal : Walt, joué par Eastwood. Ainsi on découvre d'emblée les relations calamiteuses qu'il entretient avec sa famille. Walt est un homme bourru, qui a fait la guerre de Corée. Son quartier est désormais habité par des asiatiques, et il a du mal à le supporter. Son voisin, Tao, va d'ailleurs essayer de lui voler sa voiture, une Gran Torino à laquelle il tient comme à la prunelle de ses yeux. De cet incident, va découler une très belle histoire, quelque chose de très fort. On rit beaucoup pendant ce film jusqu'à la fin où l'on ne rit plus du tout. J'ai même pleuré, je dois l'avouer. Un très beau film que je suis ravie d'être allée voir.

LOL   

Et maintenant, le deuxième film, dans un registre totalement différent : LOL. Je dois avouer que j'ai un faible pour l'actrice Sophie Marceau que je trouve diablement belle et naturelle.

   L'histoire est très sympa. Une mère divorcée, architecte, vit avec ses trois enfants dans un appartement parisien. Son aînée Lola, surnommée LOL est au lycée et essuie les difficultés de toute lycéenne de nos jours : les notes, l'amitié, l'amour et la découverte de la sexualité. J'ai aimé les relations très fortes entre la mère et la fille, voir comment la mère reconstruisait sa vie à 40 ans. Même si les ados sont un peu surfaits, j'ai beaucoup aimé ce film et j'ai beaucoup ri. Notamment lorsque le père d'un des garçons lui lit l'appréciation du progesseur de français sur son bulletin : "Un vrai touriste, lui, aurait pris des photos."

   En bref, un début de journée réussi, je me suis évadée quelques heures, ce qui était le but.

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dimanche 22 mars 2009

Message des hommes vrais au monde mutant de Marlo Morgan

messagemondemutant    Voici ma dernière lecture, réalisée dans le cadre de la chaîne des livres organisée par Ys. C'est le 4e maillon de la chaîne et il a été proposé par Karine.
   Je dois avouer que j'étais très réticente à l'idée de lire ce livre car je n'ai aucune attirance pour les livres dits "spirituels". C'est donc surtout le titre et le classement du livre qui me rebutaient. Mais le but de la chaîne est de lire des livres que l'on n'aurait pas forcément choisis soi-même, donc j'ai pris mon "courage" à deux mains.

J'ai lu ce livre sur la journée : c'est écrit gros et dans un style très simple.
   Pour résumer en quelques mots, Marlo Morgan raconte un voyage dans le désert qu'elle aurait fait fait avec une peuplade aborigène que nul ne connaît.

   Comme je l'ai dit, je l'ai lu très facilement. J'ai apprécié de découvrir des choses sur les pratiques et croyances de ce peuple dont j'ignore quasiment tout.
Mais en ce qui concerne l'expérience propre à l'auteur, je n'y crois pas une seconde et cela m'a bien agacée. Elle prétend romancer, certes, mais seulement pour protéger un peuple. cependant, on peut se demander s'il existe vraiment ou s'il est élucubration. Mais à la limite, c'est surtout ce qu'elle prétend avoir surmonté et comment que je ne crois pas un instant. D'ailleurs, elle dit dans son livre :" Comment cependant pourrais-je partager avec les miens ce dont j'étais le témoin ? Mes interlocuteurs ne me croiraient jamais, il fallait que je m'y prépare." Et en effet, je n'y crois pas.
Cela me fait penser à un autre livre que j'ai lu dans le cadre d'un prix avec mes collégiens, il y a quelques années : Survivre avec les loups de Misha Defonseca. J'avais dit à mes élèves que je n'y croyais pas du tout, et cela a été confirmé il y a peu.

   

Je suis assez gênée avec ces imposteurs. La littérature est assez vaste pour que l'on puisse écrire des romans sans prétendre à la véracité de l'expérience. Morgan veut se faire la messagère d'un nouveau mode de vie, dans un monde en perpétuelle dégradation. Si je comprends sa volonté, je n'en apprécie pas la manière. Juste pour le plaisir, le titre de son deuxième livre : Message en provenance de l'éternité.

   Bon, je dois l'avouer, je suis hermétique à cette spiritualité à deux francs six sous. Cependant, je remercie Karine grâce à qui j'ai désormais envie de m'intéresser à ce qui touche aux Aborigènes. Ce livre va maintenant continuer sa route vers Fashion.

Ah oui, vous pouvez également lire les avis de Bladelor, Doriane et Hathaway.

chainelivres

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samedi 21 mars 2009

Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel

brodeck  C'est le deuxième livre que je lis de cet auteur. Je l'avais découvert grâce à ma copine Gio qui m'avait prêté Les âmes grises. J'avais eu du mal à la lecture de ce roman, car si j'avais été touchée par les personnages, j'y avais trouvé certaines longueurs. Et c'est un peu ce sentiment qui m'a gênée à certains moments du livre, mais j'y reviendrai.

De quoi ça parle :
   Un drame a eu lieu dans le village qu'habite Brodeck. Lequel ? Je ne vous le dirai pas car un des ressorts de ce roman est de le découvrir. Pour une raison au départ mystérieuse, il est demandé à Brodeck d'écrire un rapport afin de retracer tout ce qui a mené à cet événement. Et le roman débute ainsi : "Je m'appelle Brodeck et je n'y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache." Et en effet, Brodeck est plutôt une victime : il est revenu vivant des camps d'extermination. Il a retrouvé sa femme, mais sa femme n'est plus que l'ombre d'elle-même. Et les villageois semblent avoir des choses à se reprocher.
   Le roman va donc faire alterner deux histoires finalement plus imbriquées qu'on ne le croit : ce qui a trait au drame et la vie de Brodeck dans les camps.

Ce que j'en ai pensé :
    Ce livre m'a bouleversée car Claudel est un maître dans l'art de révéler toute la noirceur de l'espèce humaine. Et là, on évolue dans un village dont la population est gangrenée. Je m'attendais à être encore une fois horrifiée par tout ce qui touche à l'univers concentrationnaire, mais je l'ai été encore davantage par tout ce qui touche aux "dommages collatéraux" de la guerre.
   Comme je l'annonçais au début de mon billet, certaines longueurs dans le récit m'ont parfois profondément ennuyée. Heureusement de courts passages à chaque fois, insérés au milieu d'autres passages qui m'ont parfois laissée interdite, pantelante. Des passages pendant lesquels je n'aurais pu refermer le livre. C'est à se demander si les grands moments de calme ne sont pas là pour rendre le reste supportable, pour permettre au lecteur de digérer ce qu'il découvre au fil du roman, guidé par la seule mémoire du narrateur. Ce qui suppose d'ailleurs de nombreuses digressions, de nombreux va et vient dans la chronologie des événements. Le narrateur dit d'ailleurs : "Je ne suis pas conteur. ce récit, si jamais il est lu, le prouve assez, où je ne cesse d'aller vers l'avant, de revenir, de sauter le fil du temps comme une haie, de me perdre sur les côtés, de taire peut-être, sans le faire exprès, l'essentiel."
   Je dois dire aussi que ce que j'aime beaucoup chez cet auteur, c'est son style abordable et travaillé à la fois. Et l'écriture est quelque chose de très important pour moi.

Quelques passages :
- "Si mon récit ressemble à un corps monstrueux, c'est parce qu'il est à l'image de ma vie, que je n'ai pu contenir et qui va à vau-l'eau"
- "Si la créature a pu engendrer l'horreur c'est uniquement parce que son Créateur lui en a soufflé la recette."
- "Je préfère écrire. Il me semble alors que les mots deviennent très dociles, à venir me manger dans la main comme des petits oiseaux, et j'en fais presque ce que j'en veux, tandis que lorsque j'essaie de les assembler dans l'air, ils se dérobent."
- "La guerre, c'est une grand emain qui balaie le monde. C'est le lieu où triomphe le médiocre, le criminel reçoit l'auréole du saint, on se prosterne devant lui, on l'acclame, on l'adule."
- "Lorsque tout va bien pour eux, la présence d'un ou de plusieurs individus étrangers à leur groupe ne les dérange pas, peut-être même en profitent-ils d'ailleurs, d'une façon ou d'une autre, mais dès lors qu'un danger se présente, qu'il y va de l'intégrité de leur groupe et de sa survie, ils n'hésitent pas à sacrifier celui qui n'est pas des leurs."

   Et une bonne nouvelle pour ceux qui seraient tentés : sa sortie en poche est prévue pour le mois d'avril !

Posté par Stephie76 à 13:34 - Romans contemporains - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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